Médecin au Havre

Admis à faire valoir ses droits à la retraite auprès du ministère de la guerre, rayé des contrôles de la Navale et attaché au corps de réserve du port de Cherbourg, Georges Dufour quitte la ville de Bizerte le 3 août 1904 pour rejoindre sa famille qui se trouve au Havre. Le nouveau médecin privé commence lentement à se faire une clientèle dans le quartier des Quatre-chemins, puis parmi les connaissances de sa famille, disséminées à travers la ville, l'obligeant à utiliser, pour effectuer ses visites, les voitures à chevaux du père Poupel qui tient son commerce non loin de l'église Saint-Vincent.</p>rn<p align="justify">Il se fait inscrire dans l'almanach des professions du Havre et rédige ainsi le texte de référence :  « Docteur-médecin, ancien professeur à la maternité de Rochefort et à l'école de médecine navale et coloniale, Rue Félix Faure, 2 (Quatre Chemins). Consultations de 1 h.½ à 3 h, dimanches et fêtes exceptés - Téléphone 1291 ». Il se rapproche enfin de l'association syndicale des médecins du Havre et de l'arrondissement, paie une cotisation de membre, et y retrouve - ou découvre - ses nouveaux collègues. Si les premières semaines sont un peu difficiles, la clientèle se fait rapidement nombreuse et fidèle.</p>rn<p align="justify">Georges Dufour devient ainsi médecin "de famille" et consacre ses loisirs, nombreux à ces débuts précaires, à ses deux passions que sont la peinture et la mer. Il fait construire un voilier de série Monotype de l'Ouest, le baptise Maïali, et sillonne l'estuaire, en régates ou en promenade, souvent accompagné par son ami, le docteur Gibert, à la barre de son propre voilier 

 

Maïali en course
Maïali en course

 

Maïali sort du port du Havre
Maïali sort du port du Havre

 

Pour ce qui concerne la peinture, c'est une période prolifique : il réalise de nombreuses marines bien entendu, mais également, mais aussi des études sur Etretat, sa falaise amont, sa falaise aval, la Manneporte, le Perrey… il s’installe périodiquement en villégiature chez les cousines Ledentu, descendantes de son bisaïeul maternel Vallin, et parcourt les falaises, son matériel de peinture lui battant les flancs, à la recherche du point de vue particulier et de la lumière idéale.

 

1913 Georges Dufour, Aline et Jacques
1913 Georges Dufour, Aline et Jacques

 

Pour faciliter ses déplacements et sa disponibilité vis à vis de ses patients, Georges Dufour fait l'acquisition en 1913 d'une confortable automobile dont les nombreuses crevaisons et les difficultés de démarrage ne purent garantir un réel avantage par rapport aux attelages hippomobiles.